Histoire de la Ford Mustang

Autant l’inspiration du modèle de la Mustang II reprenait les grandes lignes de l’originelle, autant cette troisième génération perd l’esprit américain. Elle récupère le look européen et ses angles pas très esthétiques. Dévoilée en 1978, elle s’accapare la plate-forme Fox d’où sa désignation de concept Mustang Fox insufflé d’ailleurs par l’Audi 80 en témoin la proue qui adopte la suspension Mc Pherson révisée. La banquette arrière est toujours aussi minimaliste.

Dans sa première version ; de 1979 à 1986, la Mustang III est remarquable par sa double optique avant de chaque côté. Le design se veut contemporain avec ses vitres généreuses. Les finitions en 1979 sont limitées, pas de cabriolet, on récupère les modèles 2 et 3 portes, la série Ghia pour le luxe (baguettes chromées, vinyl) et la version bicolore sport affublée d’autocollants et désignée toujours Cobra. La motorisation est largement améliorée : le turbocompresseur rejoint le 4 cylindres en ligne passant de 88 à 130 chevaux pour le 2,3 L Lima, le V6 Cologne de 2,8 L est remplacé en fin d’année par un 3,3 L de 95 ch. et le V8 de 5 L est quant à lui conservé.

Redevenue Pace Car sur le circuit d’Indianapolis pour l’Indy 500, la Mustang III prend des atours bien particuliers grâce au préparateur renommé Roush. La carrosserie est bien travaillée : aileron, fausse écope d’air et spoiler qui sont également soumis aux clients sous la version Cobra en 1980. Le moteur perd un peu en cylindrée (4,2 L) et donc malheureusement en puissance, déjà pas très glorieuse. On remarquera une rare McLaren M81 (tout juste plus d’une dizaine d’unités) ; l’association due à la formule 1 où Ford fournit les moteurs dont celui d’Alain Prost, permet une Mustang très originale aux couleurs orange flashy et grise. Le châssis surbaissé, un énorme spoiler, des jantes nid d’abeilles ornent majestueusement et un moteur boosté à 175 chevaux.

En 1982, les dénominations des finitions Ghia et Cobra sont abandonnées au profit respectif de GLX et GT (le coming-back) ; en standard, on a L et GL qui définisse la base et l’intermédiaire. La nouvelle version GT (peu différente de la Cobra d’avant) s’octroie tout de même le retour du 5 L et la fameuse publicité de rappeler la rentrée du boss : «  The Boss is back ». La police californienne arme ses patrouilles d’une flotte de Mustang cette année-là (plus de 400 unités sont acheminées).

Le cabriolet fête son grand retour en 1983. La motorisation évolue quelque peu : le V6 passe de 3,6 L à 3,8 L. Le look change modérément : la calandre troque sa forme rectangulaire pour un trapèze, et les clignotants arrière se détachent des phares d’ailleurs orientés différemment. En 1984, c’est les 20 ans de la GT 350 de Shelby ; pour l’occasion, un modèle spécial est conçu mais sans motorisation particulière, il s’agit là d’une option décorative (carrosserie et habitacle ornés de bandes et d’emblèmes). Les séries GL et GLX disparaissent pour laisser la désignation LX et on voit l’arrivée de la SVO (Special Vehicle Operations) : très chère, elle adopte des pneumatiques larges montés sur des jantes 16 pouces, la prise au vent est mieux considérée dans un souci d’aérodynamisme et d’esthétique, enfin on reprend le turbocompresseur de 2,3 L qui développe près de 175 chevaux.

En 1985, la puissance du 5L passe dorénavant à 220 ch. par l’intermédiaire de ses nouveautés : culasses et arbre à cames sont améliorés. Le préparateur Saleen va concocter un modèle spécial qui va faire une bonne publicité à la Mustang III. Avec l’arrivée de l’injection répondant aux réglementations antipollution, les ventes vont chuter en 1986, ce qui va expliquer les grands changements à partir de 1987 où le style aéro va émerger.

La fluidité est le mot d’ordre dans la conception de la deuxième version de Mustang III de 1987 à 1993. Les surfaces vitrées s’accentuent permettant une meilleure vision et un sentiment d’espace dans l’habitacle. La ligne aérodynamique perd son look « quatre yeux », les feux avant sont maintenant au nombre de deux et moins distingués. Une série verte, inspirée par Seven’Up qui travaille en partenariat, voit le jour en 1990 : l’habitacle resplendit avec ses sièges en cuir blanc.

Si les ventes se sont stabilisées jusque là, à partir de 1991, elles déclinent fortement passant sous le seuil des 100000 unités. En 1992, jamais les ventes n’auront été aussi basses, un sursaut en 1993 avec plus de 114 000 exemplaires vendus dont 5000 rares Cobra (235 ch.) toujours prisés de nos jours.

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