Histoire de la Ford Mustang

Le projet pour la deuxième génération avait débuté dès Novembre 1969 quand les constructeurs commençaient déjà à revoir la puissance de leurs modèles à la baisse due aux restrictions réglementaires. Si dans les dernières années de la première génération, on a vu un gabarit s’étiré toujours plus, Lee Iacocca, nouveau directeur général de Ford depuis 1970, exige le retour au style de l’origine de son concept. Le design devient clairement plus succinct et on prend alors la plate-forme de la compacte Pinto. Le résultat donne une fraîcheur à la Mustang et elle devient économe en carburant, aubaine puisque une crise pétrolière a lieu juste deux mois après sa sortie et le glas sonne pour les Trente Glorieuses.

Lee Iacocca de ses mots voulait un petit bijou, on retrouve le look 1965 avec sa calandre centrale et les deux phares des deux côtés. L’habitacle est simplement merveilleux : une élégance avec ses boiseries et ses moquettes, une disposition des commandes raffinée et facile d’usage. Un tachymètre, une jauge de température et un ampèremètre font partie des éléments standards du tableau de bord. L’espace à l’arrière est en revanche très réduit et ne peut accueillir qu’un adulte ou deux petits enfants mais sciemment voulu.

La société est en pleine ébullition, c’est la période de libération des mœurs mais pas des moteurs. Les assurances s’en donnent à cœur joie avec des primes exorbitantes pour les réfractaires aux Small Blocks. Les motorisations de la Mustang II restent par conséquent soft : on peut avoir le 4 cylindres en ligne de 2,3 L emprunté à la Pinto ou le V6 (2,8 L) de la Capri. On est à des années lumière des standards sportifs d’avant, cependant c’est comme si Iacocca savait que le marché allait se prêter à son modèle. Dans un souci d’écologie et d’économie, les ventes repartent de bon train, plus de 385000 cette première année.

Le retour du V8 en 1975 redonne fière allure à la Mustang : le 302 ci de 5L développe quelques chevaux agréables, transmission et freinage suivent. Les puristes de sportivité ne seront pas comblés pour autant, le contexte de l’époque a cependant soulevé un réel enthousiasme pour ce modèle. A sa sortie elle est élue voiture de l’année 1974 et en 1975 elle suscite un intérêt similaire : 200000 ventes.

En 1976, la série Stallion (Etalon) fait une entrée digne d’intérêt avec de magnifiques roues, des spoilers, le bandeau Cobra II sur le haut du pare-brise, le serpent sur les ailes et la fausse écope, les 2 rayures tout le long de la Mustang dessinées en écailles et des pare-chocs. L’édition Ghia avec la collaboration de ce fameux carrossier italien suit également son cours ; en 1977, un package plus sportif avec une distinction de coloris ravive une séduction certaine. La dernière année de la deuxième génération de Mustang est marquée par le King Cobra uniquement disponible en V8 avec le dessin du serpent sur le capot et une étrange ressemblance avec la Trans Am. Finalement un total de 1,1 millions d’unités sont produites sur les quatre années montrant l’importance et l’attention particulière des acheteurs.

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