Histoire de la Ford Mustang

Jamais l’Amérique n’a connu une telle déferlante publicitaire pour une voiture. Tout l’enchainement est orchestré au plus juste : présentée aux journalistes en Janvier 1964, la Ford Mustang est ensuite dévoilée aux presque 30 millions de téléspectateurs le 16 Avril 1964, exhibée le lendemain à New-York pour l’exposition universelle et finalement testée par les critiques auto lors d’une randonnée autour de Détroit se déroulant le jour suivant. A cette succession, s’imbrique en plus des spots télévisuels, des annonces-papier commerciales et de plus, la Ford Mustang est Pace-Car de l’Indy 500.

Lee Iacocca, le père de la Mustang et ses ingénieurs empruntent la plate-forme de la Falcon, la modifient et conçoivent alors un monocorps allégé. Beaucoup d’autres pièces vont être conservées mais l’allure générale tend plus vers la sportivité. La Ford Mustang se décline du standard toit rigide au cabriolet. La motorisation est variée reprenant en standard les 6 cylindres en ligne de 170 ci de la Falcon (101ch.) et proposant 4 options : un en 260 ci à 164 ch. et trois en 289 ci offrant 195, 210, 271 chevaux respectivement de 75, 108, 162 à 443 $.

Le succès de la Mustang est retentissant : avec plus de 680000 modèles écoulés la première année, Ford bat tous les records établis auparavant. Une voiture achetée sur cinq est une Mustang, les bénéfices sont gigantesques : plus d’un milliard en deux ans. Le triomphe est aussi le prélude à l’époque de la customisation des véhicules. Les moteurs et la carburation avec les kits de performance, la direction assistée, le pare-brise teinté, le freinage, les pneumatiques, la radio, la climatisation… une liste d’options qui n’en finit pas.

En 1965, la millionième Mustang est vendue grâce notamment à l’apparition d’un nouveau type de modèle : c’est le fastback. Il sera la base de la Shelby GT350. De nouvelles options s’ajoutent ; on notera pour l’habitacle, des poneys en relief sur les dosserets, des accoudoirs intégrés, des panneaux en simili bois et pour la partie mécanique un package GT comprenant le carburateur quadri corps, la planche de bord adaptée aux 5 compteurs, le double échappement, la transmission plus rapide et le freinage plus acéré (à disques). Les ventes croissent encore en 1966 alors que l’évolution de la Mustang est quasi nulle, seuls quelques détails esthétiques infimes comme les inserts chromés dans la calandre.

En revanche 1967-68 est le lot de modifications, la Mustang se gonfle dans toutes ses dimensions : plus large, plus longue et plus haute pour accueillir les plus gros V8 dont le fameux cobra-jet de 7 L développant 335 chevaux. Les phares arrière sont modifiés, ils deviennent plus concaves. Le développement permet également une capacité de rangement accrue et un espace amélioré dans l’habitacle qui pour l’occasion devient beaucoup plus smart. Deux séries Special sont à remarquer, la Mustang High Country et la Mustang California qui arborent les meilleures options. Le film Bullitt avec Steve Mac Queen consacre à promouvoir encore plus le référent de la voiture américain.

En 1969, une petite refonte a lieu, la Mustang s’étire davantage, s’élargit aussi et les feux avant se distinguent tout particulièrement puisque deux s’intègrent dans la grille et deux sont extérieurs (ces derniers seront retirés en 1970). La série GT est abandonnée au profit de la Mach 1 qui connait une grande popularité ; les plus rares surboostées Boss 302 de 290 ch. et Boss 429 de 375 ch. (moins de 2500 exemplaires confondus) sont mises en avant respectivement pour les courses de la Trans Am et du NASCAR. La Mustang de 1970 a un look moins agressif mais revisite sa gamme de moteur allant : les Windsor sont échangés par des Cleveland de même cylindrée, les autres motorisations Boss et Cobra-Jet restent.

Toujours disponible en toit rigide, cabriolet et fastback (aussi appelé Sportsroof chez Ford), la Mustang de 1971-1973 s’étire encore à se demander si le petit poney n’est pas devenu un cheval ! Les Boss sont retirées en fin d’année à cause de la législation plus draconienne, c’est la fin d’une ère de la course à la superpuissance. Dommage car sans nul doute, la barre des 3 millions de Mustang première génération vendues aurait été franchie en 9 années. Elle demeura quand même la voiture la plus célèbre du monde.

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